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Melvins - "Colossus of destiny"

Melvins - "Colossus of destiny"
chronique Melvins - Colossus of destiny
7/10 0
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CD album CD album (59:27)

 

Style musical : 

Minimalisme abscons, Cauchemar psychédélique, Bruit, Doom Rock

 

Année : 

2001

 

Tracklist :

1 Colossus Of Destiny / Eye Flys
2 (-)

 

Label : 

Ipecac

groupe Melvins
Melvins

Chroniques :

Mangled Demos From 1983 (1983)
Gluey Porch Treatments (1987)
Ozma (1989)
Love Canal/Someday (1990)
Live Flexi Single (1990)
With Yo' Heart Not Yo' Hands (1990)
Eggnog EP (1991)
Tanx (1991)
Split 7'' (1991)
Bullhead (1991)
Your Choice Live Series (1991)
Joe Preston EP (1992)
King Buzzo EP (1992)
Lysol (1992)
Dale Crover EP (1992)
Night Goat 7'' (1992)
Houdini (1993)
Melvana EP (1993)
Lizzy EP (1993)
Prick (1994)
Stoner witch (1994)
Stag (1996)
Singles 1-12 (1996)
The Bit EP (1996)
Honky (1997)
Alive At The Fucker Club Australia (1998)
The Bootlicker (1999)
The maggot (1999)
The Crybaby (2000)
Electroretard (2001)
Colossus of destiny (2001)
Hostile Ambient Takeover (2002)
Millennium Monsterwork (2002)
26 Songs (réédition) (2003)
Message Saved / Thank you! (2004)
Pigs Of The Roman Empire (2004)
Never Breathe What You Can't See (2004)
Sieg Howdy (2005)
Pigskin / Starve Allready (2006)
(A) senile animal (2006)
A Live History Of Glutony And Lust (Houdini Live 2005) (2006)
Split Tour Double 7 (2007)
Smash The State EP (2007)
Nude with boots (2008)
Pick your battles (2009)
Hurray For Me Fuk You / Paraquat Plus (2010)
The Bride Screamed Murder (2010)
Black Betty Split 7'' (2011)
Amphetamine Reptile Records Cage Match Tour Split 7 (2012)
The Bulls And The Bees (2012)
1983 (2012)
Freak Puke (2012)
Everybody Loves Sausages (2013)
Tres Cabrones (2013)
Melvins 1983 - Gaylord (2013)
Live At Third Man Records (2013)
Hold It In (2014)
Basses Loaded (2016)
Three Men And A Baby (2016)
Dans le même style :
Stangala - Boued Tousek Hag Traou Mat All

CANADA BUZZ HAS A WAY TO SEE THROUGH MY EYES


Pour une vraie-fausse discographie des MELVINS. - Chapitre 14 -

Pour comprendre le pourquoi de la démarche boiteuse, se référer à l'introduction du chapitre 1...

 

Encore un disque que j'écoutais avant de faire la sieste. Ou pendant, c'est selon...


La légende voudrait que ce Live, enregistré en 1998 dans un club californien (non, pas canadien) ne soit que la partie centrale du set. Les Melvins auraient commencé à jouer leurs morceaux, mais face à l'hostilité ou l'indifférence du public, auraient alors contre-attaqué en sortant samplers, claviers ou autres générateurs de bruits, pour plus de trois quart d'heure d'improvisations bruitistes... avant de reprendre l'interprétation de la set-list prévue.
La légende voudrait aussi qu'ils aient joué si fort leur délire noisy que des gens se seraient couché sur le sol en se bouchant les oreilles. Mais bien sûr! Et aussi du sang leur giclait des yeux et ils se faisaient caca dessus en s'arrachant les seins ou la bite puis les collaient dans la bouche du voisin! Qu'est-ce qu'on peut pas lire sur le net...
Par contre sur le livret, on peut lire qu'il y avait encore Adam Jones de Tool avec eux ce soir-là et un certain Korny Ass Joker. Alors je suppose qu'il s'agit de Kevin Rutmanis, car Mark Deutrom devait déjà être parti en Décembre 98... « Farceur au cul chiasseux », c'est pas très gentil pour lui, ça... En tous cas, Kevin faisait peur sur scène: il avait l'air réellement raide et pervers.


Bon, légende ou pas, ce disque est « spécial », ma chère. Certains pourraient parler de Noise. Oui, il y a du bruit là-dedans. Mais pas seulement. J'y vois aussi un délire sonique qui me rappelle certains dérapages du vieux Pink Floyd, quand ils partaient VRAIMENT en sucette, ou d'autres groupes plus ou moins psychés d'antan et d'aujourd'hui. Mais j'ai pas de noms en tête, là, maintenant, tout de suite. J'ai bâti ma culture musicale rachitique en lisant Hard'N'Heavy.
Nan, j'déconne.


Ou bien il s'agit de musique contemporaine, sans se la jouer intello. Seulement arrogants, parce que plus tu trouves ça inécoutable, plus ils rigolent: eux les Melvins, ils adorent ça et ils t'emmerdent.
Interférences Harsh Noise reléguées en fond de paysage, comme tapis occasionnels de bruits blancs, beep-beep, ouins-ouins, wee-wee et caquetages obsessionnels, percus électro-québlos, quelques notes propulsées dans le cauchemar total par des effets delay, ring modulator et filtres d'enveloppe abusés, bribes d'Indus martial égarées, passages à la Merzbow inspiré, samples de voix spectrales, soupirs et plaintes féminines troublantes (Peur? Plaisir sexuel? Douleur?), il y a tout cela et encore plus.
A noter, vers 26:00 et quelques, un passage particulièrement  chouette avec ses échos graves qui font des bulles, pendant deux-trois minutes, puis ça part dans du Klaus Schulze sous crack, Tangerine Dream et Soft Machine en serial-killers minimalistes. (Quand je m'enflamme, je dis n'importe quoi.)

 

A 34 minutes, le cauchemar prend toute sa dimension stressante en amorçant un long, long, looooooooooooong passage, construction de notes aigües tenues (mais vraiment tenues, hein) morbides ou mystérieuses, accompagnées de nappes diverses et changeantes (basses bubulles à nouveau, lie de fréquences parasites, souffle analogique...).
Et ça va durer en gros jusqu'à 48 :20, où le son devient soudain plus épais. Et là, tonnerre de Thor, on entend les toms à Crover! La batterie rentre! Allahlouyah! On sort du cauchemar!
Que dalle, ouais. La tension ne fait que monter, monter, Dale reste coincé sur ses doubles croches lentes un peu tribales, suspense, suspense, bordel ! Il s'amuse avec les accents et la gratte à Buzzo (ou Adam?) entre en restant dans le trip musique barrée. Nuances exploitées pendant un bon moment et...
Et paf: le tout redescend alors que tu croyais que ça allait décoller.


Pauvre chéri.
Tu reconnais alors la ligne de basse de « Eye Flys » [Gluey Porch Treatments/Alchemy/1987], sorte de Blues ralenti à l'extrême, jusqu'au Doom le plus noir. Creuse ton putain de trou alors que les plans Noise continuent derrière. Mais comment Rutmanis fait-il pour rester imperturbable dans tout ce fatras?!? Et Dale qui martèle ses fûts comme un bourrin désormais, surtout pas sur les temps forts, non, ça serait pas marrant !
La tension remonte, monte encore, les grattes et les larsens et les bidules grimpent vers les aigus, Dale tape partout, c'est le pugilat! Nom d'un chien, une correction crapuleuse de coin de rue!
Et quand le morceau explose enfin sur les couplets (y'a pas de refrain ici, poulette), c'est tout le putain de destin de merde qui t'encule en te gueulant dans l'oreille. Les voix sont d'ailleurs bizarrement fortes et saturées dans le mix, par moments même dévorantes,  comme hurlées dans le micro avalé pleine bouche. Terrible, apocalyptique interprétation de « Eye Flys » qui te met à genoux.
De là à s'étendre au sol et se boucher les oreilles et tout le reste, hein...


Puis c'est fini.
La deuxième plage, c'est du silence enregistré. C'est pas la seule fois qu'ils le feront, et finalement, c'est apaisant d'être obligé d'écouter du rien après tout ça.
Ce disque intéressera ceux qui aiment l'expérimentation, le délire sonique, la Noise, et peut-être même ceux qui n'aiment pas les Melvins puisque -dernier morceau excepté- ça n'a rien à voir avec leur répertoire disons, habituel.
Justement, j''ai une interrogation à soulever. S'il s'agissait vraiment d'une improvisation décidée sur l'instant, que faisaient-ils avec tout ce matos électro-analogique, ces claviers ou samplers? Était-ce caractéristique d'une tournée spécialement barrée, où ils se servaient régulièrement de ces appareils? Si quelqu'un les a vus plusieurs fois en 98 aux Etats-Unis, qu'il me contacte, ça m'intrigue.
Sinon, ce disque est impossible à noter, comme toujours, encore plus que jamais, mais c'est du bon, pour les oreilles ouvertes qui cherchent l'aventure.
L'art de pochette a été concocté par Mackie Osborne. J'aime beaucoup. C'est bizarre. C'est drôle. C'est beau.
Petits canards et artichauts.

photo de El Gep
le 17/07/2011

Note des commentateurs : 10/10 (sur 1 votes)

Commentaires

Runaway

Sa note : 10/10

Runaway le 17/07/2011 à 11:41:01

IP : 213.213.229.213

Héhé, bonne critique :p
Franchement les jours où je me suis ouvert à Prick et à Colossus of Destiny, j'avais l'impression de devenir comme ces bobos attirés par l'art contemporain.
Mais finalement j'assume bien et c'est cet album qui m'a ouvert à Merzbow et tous les bordels Noise.

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