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Melvins - "The maggot"

Melvins - "The maggot"
chronique Melvins - The maggot
9,9/10 0
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CD album CD album (40:02)

 

Style musical : 

Metal Beast

 

Année : 

1999

 

Tracklist :

1 – 2 Amazon
3 – 4 AMAZON
5 – 6 We All Love JUDY
7 – 8 Manky
9 – 10 The Green Manalishi (with the two pronged crown)
11 – 12 The Horn Bearer
13 – 14 Judy
15 – 16 See How Pretty, See How Smart

 

Label : 

Ipecac
Dans le même style :
Melvins - Smash The State EP

CANADA BUZZ HAS A WAY TO SEE THROUGH MY EYES


Pour une vraie-fausse discographie des MELVINS. - Chapitre 15 -

Pour comprendre le pourquoi de la démarche boiteuse, se référer à l'introduction du chapitre 1...

 

Continuons dans le noir, continuons le cauchemar.

 

Premier volet d'une trilogie parue sur 10 mois entre 1999 et 2000, The Maggot est un disque qui fait peur. C'est un disque de pur Metal maléfique. Toi qui traînes sur un forum Metal, commence donc par écouter celui-là, si tu ne connais pas les Melvins. Metal lourd, malsain, boueux, joué avec un feeling et un son tantôt Punk-Hardcore, tantôt limite Indus. Sale, en tout cas. Mais c'est surtout une pièce, un bloc, une œuvre cohérente et compacte qui m'évoque des visions à tendances moyenâgeuses sordides. Je vois des cagoules, l'inquisition en marche vers la torture aveugle, des caveaux fangeux où survivent des trucs qui ne devraient pas vivre. Tu sens l'odeur des ongles brûlés, tu devines dans la fumée la place des suppliciés, les grands-mères accouchent d'embryons monstrueux, ambiance début de « Terra Nostra » (Carlos Fuentes).

Tu poses cette chose sur la platine et elle AVANCE, mec. Elle avance, avance, quitte à te passer dessus, à t'écraser et les sabots, ça fait mal, crois-moi. Alors mets-toi à genoux dans les graviers et contemple l'aberration. Putain, Lovecraft ça n'a jamais été trop mon truc, mais quand-même, ça pue l'entité antique pas cool.

Après, oui, ce n'est qu'un disque, on se calme...

 

OK, tu t'en cognes de mes impressions, tu veux de l'analytique.

Je pourrais te dire qu'il y a beaucoup de Thrash bizarre là-dedans (première partie d' « Amazon », « We All Love JUDY », « The Horn Bearer »), avec un bon vieux son genre live dans la cave, des tirés de cordes effrayés ou effrayants, du répétitif qui surgonfle dans le feedback, du tribalisme sauvage anti-hippies.

 

Tribal, « AMAZON » -deuxième partie- l'est totalement, comme imprégnée de l'atmosphère du dernier monde cannibale et de sa caverne gigantesque. Secoue ta tête sous ta cagoule et flagelle-toi en rythme, la Femme-suprême au sein découpé épargnera peut-être tes petites couilles. Crover a ajouté sur sa batterie des sortes de percussions hindoues entêtantes (du genre perforatrices) qui participent beaucoup au malaise. Gros et grand morceau. Je te rappelle que tu n'as pas le droit de vomir, débrouille-toi comme tu veux.

« The Horn Bearer » sur-chie, toujours Thrashy après la magnifique reprise du sombre « The Great Manalishi », du vieux Fleetwood Mac. Le mimétisme est réussi, si ce n'est ce ralenti satanique à la fin, qui emporte tout comme un tsunami paresseux. M'étonnerait que ça y soit, dans la version originale (je l'ai entendue, je ne m'en souviens plus, amnésique d'un jour, amnésique de toujours).

 

Allez, continue à danser autour du feu avec le Shaman sur « Judy », où la basse de Rutmanis fait des merveilles de tension, confirmant ce que je te disais plus haut: ce disque ne fait qu'AVANCER. Droit devant lui, la tête haute et le regard cruel.

 

A ce sujet, « Manky » est on ne peut plus impressionnante, avec ses hurlements de guitares et ses voix méprisantes. Surtout qu'elle intervient après une sorte de long interlude étrange: une fréquence sonore pure qui monte dans les hertz et s'y ballade, comme pour tester ton audition. Elle reviendra plus tard, prenant vie pour nous dire quelque chose d'incompréhensible. Face à elle, stupides et misérables nous sommes. Hé, t'as déjà essayé de faire la conversation à une fréquence ?

 

Guitares screameuses ou racleuses récurrentes, incantations de voix claires noyées dans la réverb, à l'occasion Buzzo en rajoute une couche en sortant de sa manche son chant à la Chucky géante, Crover fait son martial austère, quand il ne joue pas au Punk à ours... Cet album, je vous dis, est une ode à la violence obscurantiste, à la bestialité de sang-froid, à la supériorité physique dominatrice et à la peur primale du noir: quand le soleil disparaît à l'horizon et qu'à chaque fois, tu trembles dans tes habits de peau de ne plus jamais revoir la lumière.

 

On dit beaucoup de conneries de ce genre sur les musiques métalliques. Sauf que là, c'est vrai. En témoigne le long morceau final « See How Pretty, See How Smart », point d'orgue d'église monumental, l'autre chef-d'œuvre du disque (avec « Amazon/AMAZON ») qui agonise dans de multiples cris, le chaos, la guerre.


Bon, c'est un peu raté pour l'analytique. J'aurais essayé. Mais tu ne t'es jamais dit qu'on n'écoutait pas la musique seulement avec les oreilles? Ici, t'es confronté à de grands musiciens, certes, mais qui se sont jetés dans de la création pure, le résultat dépassant puis dévorant le concept (s'il fallait y voir concept, et puis les concepts, on s'en contrebalance). Pensé mais totalement joué à l'arrache, maîtrisé mais envoyé dans les cordes, ivresse d'une clairvoyance sans pitié.
Mouais.
Tu vois, c'est ce skeud-là qui m'a fait COMPRENDRE les Melvins. Ici, c'est le meilleur d'Houdini, débarrassé de ses fantaisies et de Kunt Conbain, c'est l'indien de Lysol qui se transforme pour invoquer le Dieu Colère et éradiquer l'humanité. C'est les moments énervés de Honky, en plus resserrés. Compact comme un putain de parpaing.
Tout bêtement, c'est l'un de leurs meilleurs disques, c'est l'un des meilleurs disques de Metal qui soient et ça peut devenir l'un de tes meilleurs bad trips.
Si ça te démange, mange la fange. Et si t'es pas d'accord, souviens-toi que j'ai toujours raison. Le serpent-bouc te toise et sourit de sous sa toge.

photo de El Gep
le 31/07/2011

Note des commentateurs : 10/10 (sur 2 votes)

Commentaires

frolll

Sa note : 10/10

frolll le 02/08/2011 à 12:46:14

IP : 217.136.102.114

et BIM!

Runaway

Sa note : 10/10

Runaway le 06/08/2011 à 16:54:14

IP : 92.151.55.72

C'est clair que c'est de loin l'album le plus "sludge metal" des melvins, avec la production de 99 qui va bien (contrairement aux vieux qui ne sont plus au niveau)

Ce disque reste encore à mon sens non dépassé par les torche/baroness/kylesa tellement il a imposé un standard

el gep

el gep le 06/08/2011 à 22:51:35

IP : 86.73.215.125

Le son est ici très bien pour le délire, oui.
Par contre, les trois groupes que tu cites, c'est pas très dur de les dépasser, je trouve en même temps! Vraiment je ne suis pas fou de ces groupes...CA

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